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ICE et l'Europe

ICE (Initiative Citoyens en Europe) est une association loi 1901, créée en 1989. Elle est, à l'origine, le produit de l'adhésion d'hommes et de femmes libres qui ne conçoivent pas de vivre en Europe sans tisser des liens de solidarité élémentaires entre européens.

Depuis plus de vingt ans, ICE se propose de contribuer au développement d'un espace public d'échange intellectuel et de réflexion sociale et politique, où puisse s'affirmer la résistance aux irrationalités et aux limitations de la démocratie dont l'Europe a si souvent été le théâtre ; un espace indépendant des puissances économiques, des autorités religieuses, des gouvernements et des partis politiques.

Si votre sympathie, ou votre moindre antipathie va à une des listes ci-dessous :

  • Europe écologie (Les verts)
  • Liste citoyenne du printemps européen (Benoît Hamon)
  • Envie d'Europe écologique et sociale (Place publique, PS...)
  • Renaissance (LREM...)
Ne rayez pas les mentions inutiles
mais...

L'Europe et ses voisins

La France et l'Europe

Francis-André Wollman

04/05/2017

Libre discussion : 2019 - POUR QUOI VOTER ? Et non pas POUR QUI ?

Même si l'enjeu tout proche est un vote, il devrait traduire un objectif européen. Avant de se demander : pour qui ? Demandons-nous pourquoi et votons. Faute d'avoir jamais réussi à produire une ligne politique, qui nous aurait fait revivre, comme un seul, d'anciennes ferveurs militantes, nous publions un débat interne à un groupe d'amis politiques qui reflète le positionnement d'Européens convaincus, répartis sur 3 coins, au moins, de la distribution des opinions en France.

Aujourd'hui l'écologie. Demain les réfugiés.

par Véronique Nahoum-Grappe

L'Angleterre a décidé officiellement cette semaine un « Etat d'Urgence Climatique » , ce qui implique une volonté de mobilisation nationale. Pourquoi l'Europe ne déciderait-elle pas un tel état d'urgence ? Le niveau européen, à défaut du niveau mondial, est beaucoup plus pertinent pour l'action écologique : pourquoi l'ONU ne déciderait-elle pas un tel Etat d'Urgence Internationale, comme on fait parfois pour les pandémies, ou pour par exemple la couche d'ozone etc. Je pense que l'action écologique a cette spécificité de concerner le local et la planète en même temps : ce qui contredit de fait les nationalismes épris de frontières . En cas de succès politique important des partis écologiques européens, la suite logique de cette forme de pensée collective de grande amplitude et tres précise à la fois est un autre rapport au réel « plausible » : la prise en compte consensuelle des données des sciences et techniques sérieuses expérimentales constitue un socle, comme dans le marxisme scientifique du dernier Marx: c'est pas facile et ça évolue, mais des faits établis, comme la toxicité de la fibre d'amiante, ou la non toxicité des OGM , ou le réchauffement climatique devront e^tre respectés par le politique : la dénonciation du révisionnisme scientifique en tant qu'infraction assez grave pour empêcher l'accès à la représentation politique (mais sans judiciarisation excessive, je suis pour la non violence absolue) : les scepto-climatiques, les fanatiques anti vaccins, les créationnistes religieux etc pourraient être interdit de se présenter aux élections .. et l'état international et consensuel des acquis scientifiques , qui alertent sur le climat et l'extinction de nombreuses espèces par exemple ne pourrait être dénié par les responsables politiques qui tiennent l'exécutif. Cela suppose aussi une analyse du fonctionnement des états nationaux : l'état profond français (armée, finance, services secrets) par exemple, qui protège les intérêts nationaux tels qu'ils les définissent dans leur système culturel nationaliste particulier : sauver le franc africain au mépris de la prédation dramatique qu'il entraîne pour les pays concernés, aider à tout prix les régimes alliés même génocidaires comme les Hutus rwandais en 94, vendre cette année à l'Arabie Saoudite des armes utilisées dans l'ignoble guerre du Yemen, sauvegarder le nucléaire militaire français malgré son inutilité absolue, etc. Les « états profonds » ne sont pas du coté de l'écologie.ni des droits humains, et quand un nouveau président est élu, il vient l'envelopper et le faire changer de cap.

L'écologie est donc d'emblée politique puisqu'elle suppose une égalité de tous en face du danger : pas de pré carré des puissants ultra riches en cas de catastrophe nucléaire ou de montée tragique des eaux . Elle est aussi d'emblée économique puisqu'elle contredit le mythe d'une croissance sans fin et qu'elle dénonce les dégâts et abus des grandes structures rétrograde comme les industries d'armement, du nucléaire militaire et civil, de l'agro-industriel chimique, de l'exploitation des matières premières et des travailleurs de tous âges et sexes, exploitation éhontée et asservissantes surtout dans les continents non européens. . L'écologie est féministe au sens d'Amartya Sen, c'est à dire que les pratiques dites féminines dans les sociétés traditionnelles deviennent à la fois nobles et intéressantes dans la culture de la protection de l'environnement.

L'écologie implique la démocratie dans la diffusion des informations et des prises de décisions dont les enjeux sont vitaux : plus question qu'un nuage suive une frontière. Enfin quels que soient les acteurs, les têtes de liste, les groupes de tarés fanatiques qui peuvent surfer sur l'idée de nature et recréer du religieux à partir d'interdits et d'oukases complètement cons, le niveau de sérieux de la question écologique (force 7 sur l'échelle du grave) balaye tout cela : un monde sans abeilles ni oiseaux , sans assez d'oxygène ni d'eau potable, comme dans les manga de sciences fiction, c'est tout simplement NIET !De plus, .les idéologies d'extrême droite utilisent avec succès la figure du migrant dans leurs propagande, pour gagner des élections dans les institutions européennes qu'ils commencent d'envahir, avec le but de les détruire, grâce aussi aux non votes des centre et gauches éparpillées : le non vote des démocrates de tous horizons est un cadeau formidable aux extrêmes droites européennes . La question du migrant, qui lui ne vote pas, est donc au centre des clivages politiques dans le débat européen , mais un centre vide, inoccupé , loin des véritables enjeux économiques , démographiques et humains : la gauche a peur d'un sujet trop clivant, et la droite n'hésite pas à mettre en batterie mensonges (migrant=terroriste et/ou violeur) et fantasmes, comme ce thème du " grand remplacement", où l'envahissement par la sexualité prolifique des races inférieures éliminerait les "blancs" de leur propre terre native, thème que l'on voit ressurgir régulièrement dans les propagandes de haines racistes .

Ne prenons pas les menaces de l'extrême-droite comme point de départ

par Bernard Wach

Et bien, je ne crois pas à l'arrivee au pouvoir de Le Pen, du moins pas seule. La première raison tient à la masse des travailleurs bien intégrés dans des entreprises internationales ou des PME dynamiques. C'est une population tolérante, démocrate, en phase avec l'époque, aussi bien avec la mondialisation qu'avec la société multi-culturelle sans repères homogènes dans laquelle nous vivons. La gauche a perdu les ouvriers faute de maintenir des capacités industrielle suffisante, au nom de la fausse piste de l'économie de la connaissance; elle a perdu une partie des fonctionnaires paupérisés, ou au moins massifiés; elle n'a pas tout perdu.

Il faudrait à Le Pen, soit une alliance avec une extrême gauche non historique qui n'existe pas vraiment en France, ou bien avec LR. Mais le rassemblement national est trop fort pour une alliance minoritaire avec LR. Une alliance RN-LR ou RN serait le leader ferait éclater Les Républicains dont une grande partie rejoindrait LREM. Une des raisons pour lesquelles je suis assez content que Macron soit là, en plus du libéralisme, de son pragmatisme, de ses positions claires sur l'Europe et sa place dans le monde.

Le risque existe aussi du côté d'un scénario à la Trump ou l'extrême-droite arriverait au pouvoir sous couvert de la droite républicaine. Là encore Macron ne laisse pas assez de place à LR pour cela : de l'intérêt que LREM ne soit pas trop à gauche.

C'est du mécano politique, ça vaut ce que ça vaut mais à ce stade, en l'absence d'un nouveau cataclysme économique, on peut encore être confiant. En conséquence, aux élections Européennes, tous les votes démocrates se valent à peu près. Je garde une préférence pour le vote Renaissance et sa valeur pédagogique : il explique bien mieux aux effrontés que le grand soir n'est pas pour tout de suite et que les revendications doivent s'exprimer avec vigueur mais sans s'attaquer, en premier, au cadre démocratique ou aux forces qui y participent.

En attendant la gauche

par Bernard Wach

Oui, il faut plutôt penser Europe et parlement européen que gilets jaunes et extrême-droite repoussoir.

Oui l'écologie politique, du moins sa composante principale, est un grand mouvement de gauche, tourné vers le futur. Même avec des erreurs parfois graves, dont une bonne dose d'antiscience. Elle reste la seule critique des dérives industrielles majeures et cela depuis le début et toujours : amiante, aérosols, pesticides, réchauffement climatique, malbouffe, gaspillages, transports polluants, déchets et risques nucléaires, sauvegarde de la biodiversité... Les autres courants se sont trop longtemps accommodés des pollutions industrielles pour toutes les raisons possibles, progressisme béat, ou la tête dans le guidon avec toujours d'autres priorité : la croissance, la consommation effrénée comme éteignoir des mouvements sociaux, la défense de l'emploi, les égoïsmes sectoriels... Tous les scientifiques auraient leur mot à dire et bien des explications à fournir s'ils ne se braquaient pas, car les solutions ne viendront pas d'un coup de baguette magique, d'une décroissance brutale, d'un renoncement à tout confort et toute liberté de mouvement. Ce sera un long effort, avec de nouveaux progrès sur les énergies, les modes de production et de transport, également une gestion sociale qui ne déstabilise pas nos sociétés. C'est pourquoi, me semble-t-il, l'argument de l'urgence absolue est intenable et cela même si en attendant, de gros dégâts sont prévisibles.

Sur le vote PS aujourd'hui, je n'en comprends pas l'attrait, pourtant j'ai presque toujours voté PS. Certainement la social-démocratie n'a jamais fait grand mal : pas de risque d'attaque frontale sur les services publics, les aides sociales, l'enseignement, la recherche scientifique, et pas plus sur les autres fonctions régaliennes police et armée; des formules révolutionnaires mais un libéralisme caché qui ne pénalisait pas trop l'économie; une immigration zéro affichée et le contrôle de l'immigration mais un certain laxisme bienvenu, humanité oblige. Une sorte de bonne volonté générale avec des équilibres maintenus, une gestion de père de famille non-violente. Ce n'est pas si mal, mais aucune vraie ambition depuis la grande réforme des 35h : on est des gentils et on fait ce qu'on peut. In fine un échec cuisant à l'école, l'université qui boîte, la prolétarisation des fonctionnaires, la dégradation lente de l'hôpital, l'absence de politique du logement pourtant essentielle pour le niveau de vie, à laquelle on a préféré une politique de la ville, peu efficace et seule politique d'insertion de l'immigration, échec là aussi. Et puis la dette creusée, des inégalités accrues comme partout mais un peu moins, peu de dynamisme économique et industriel, pas de remède au chômage, pas de profond engagement et même un certain fatalisme sur l'Europe, et un recul immédiat sur la taxe carbone contre les bonnets rouges. Tout cela est au mieux médiocre, et ça ne passait plus.

Je partage l'attente d'une recomposition de la gauche mais elle n'est pas pour tout de suite et si elle devait advenir, ne serait-ce pas autour de la gauche macroniste, comme hier autour de la Gauche Démocratique de Mitterrand, avec les écologistes et le PS, peut-être le PC ? L'erreur fatale de Raphaël Glücksmann, c'est d'avoir voulu simplement raccrocher les wagons, en nostalgique de la gauche telle qu'elle était, avec ses bons sentiments, avec ses productivistes et ses écologistes, un discours anti-libéral dépassé et une gauche socialiste, voire une extrême-gauche qui a pourri le PS depuis des années. In fine, il se retrouve seul avec le PS, ce n'est peut-être pas plus mal.

Les forces militantes en présence dans la société française sont l'écologie, le féminisme, le mouvement homosexuel, le meilleurs et le pire du syndicalisme, l'extrême-gauche intarissable, le catholicisme conservateur, l'extrême-droite identitaire, le salafisme et l'antiracisme racialisé des banlieues. La gauche en tant que telle est absente et le choix parmi ce qui reste de forces vives est vite fait mais pour l'instant, ne porte pas une recomposition de la gauche.

Je voterai Renaissance pour plusieurs raisons (mais pas pour ce nom bien trop ambitieux):

  • Cette liste est de loin le plus européenne et elle propose une bonne compréhension de l'Europe qui doit prendre sa place dans le monde à hauteur de sa puissance réelle, pas plus, pas moins, et qui est la seule solution face aux défis écologiques, économiques, sociaux et géopolitiques.
  • LREM est la seule composante proposant une réelle dynamique en France et en Europe, versant certes technocratique mais rappelons-nous, la deuxième gauche était autogestionnaire et technocratique. Les résultats sont déjà là. En passant, Macron reprend l'idée d'une participation des salariés aux conseils d'administration des entreprises qui m'a toujours paru essentielle. Il n'est pas vrai que les salariés sont moins investis dans l'entreprise que ne le sont les capitalistes.
  • Macron a montré qu'il entendait la société aussi bien la sensibilité écologique que les gilets jaunes. Convaincu ou pas sur le fond, c'est un pragmatique et dans la situation actuelle, confuse, il faut s'avoir s'adapter.
  • Les gilets jaunes et leurs très nombreux soutiens ont gagné mais ils sont dopés aux endomorphines de la fièvre révolutionnaire. Comme nous autres, gauchistes hier, il leur faut manger leur chapeau, le plus vite sera le mieux afin qu'on s'occupe d'autre chose. Une victoire de LREM aux européennes les y aiderait.

Cela dit, je ne suis pas trop sectaire car je crois moins à la menace brune en France et en Europe, au-delà des points d'appuis qu'elle a déjà acquis dans les maillons faibles du continent; cela tant que les insiders, certains disent les bobos, plutôt bien dans leur peau, démocrates, tolérants, ouverts au monde, anti-racistes sont majoritaires. Il faudrait développer ce point mais sur cette base, nul besoin de faire barrage : quoi que nous votions, en européens convaincus, nos élus se retrouveront ensemble au parlement européen.

Mes raisons de voter "social-démocrate"

par Yann de Kerorguen

Au préalable : voter européen, bien sûr.

Impossible de faire l'impasse sur le modèle social européen qui reste l'espoir du monde démocratique face aux régimes autoritaires (Russie, Chine, Turquie, USA, Inde, Brésil.) et l'une des rares organisations internationales douée de raison. J'élimine donc d'emblée les anti-européens populistes et souverainistes, qui veulent la détruire ou casser les traités, Mélenchon compris. Voter Europe, c'est reconnaître le rôle essentiel du Parlement européen, la seule institution européenne élue au suffrage universel, une fonction citoyenne qu'on lui a souvent déniée. C'est la seule représentation parlementaire qui a vu ses pouvoirs augmenter sans cesse.

PUB : Lever une idée reçue : la faiblesse de l'Europe.

Somme toute, l'Europe est populaire. Quand l'Europe désespère à l'intérieur, elle fait rêver à l'extérieur. La plupart des pays nous envient notre être européen et notre modèle social et laïc. Sauf les dirigeants des pays qui s'emploient à souhaiter son déclin, Russie et Etats-Unis entre autres. Voter Europe, c'est derrière les doutes, les incertitudes, les critiques sur ses insuffisances, reconnaître ses qualités et ce qu'ont inventé les pères fondateurs, les artisans et les citoyens de l'Europe: la paix durable, le dialogue entre nations, la culture cosmopolite et l'universalisme, la protection sociale, la réduction des inégalités, l'intégrité du marché unique, l'indivisibilité des quatre libertés (circulation des personnes, des biens, des services, des capitaux), les valeurs humanistes de solidarité, son ouverture au monde et aux idées. Je vote pour ces gens-là, pour ceux qui entendent affirmer avec plus de fermeté et d'audace le rôle mondial de l'Europe.

Voter une Europe qui parle d'une voix forte

Non pas aller dans un petit groupe parlementaire, mais aller dans une force majoritaire. Aussi est-il préférable de voter pour la puissance politique qui, au sein du Parlement, sera capable de faire entendre la voix de la première économie du monde et de la porter au dessus des interférences négatives qui cherchent à la diminuer, Etats-Unis et Russie, en tête.

Le problème de l'Europe est que ses bienfaits sont désormais si profondément établis qu'ils sont presque complètement perdus de vue par les jeunes. J'ai ainsi tendance à croire qu'il est important de soutenir une force qui pense l'Europe en termes d'éducation et de culture, une force capable de porter le récit européen et qui soit en mesure de définir un projet parlant aux générations qui feront l'Europe demain. Dans cet esprit, trois groupes se dégagent : LaREM (Macron), EELV(les Verts) et Envie d'Europe (PS-PlacePublique). Chacun d'entre eux représente une option respectable. Ce qui explique la difficulté qu'on peut éprouver à faire un choix. Pour moi, le choix est clair.

Voter Macron ? Non

J'utilise volontairement le nom « Macron » et non Loiseau ou LaREM car le rapport ambivalent qu'on entretient avec Macron est très personnel, gilets jaunes oblige. Lui-même jouant très « perso ». C'est sur sa personne que se définit le choix, bouc-émissaire ou premier de la classe ? Sans doute la liste LaREM (Loiseau) est-elle, sur le papier, un atout maître pour représenter la France au Parlement européen à l'intérieur du groupe ADLE ( Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe). L'image internationale de Macron est reconnue et son indiscutable tropisme européen est un argument susceptible d'emporter l'adhésion. Macron ne me paraît pas sectaire et il ne mérite pas tant de haine. J'ai aimé en France l'idée du Grand Débat. Sans doute aussi est-il, dans le concert des responsables politiques européens, celui qui souligne le mieux les dangers des forces extrémistes, populistes et autres. Il est le rempart le plus efficace et le plus solide contre les nationalismes. Un bon point pour la liste La République En Marche: le ralliement de Michel Barnier, qui a conduit avec brio les négociations de l'UE sur le Brexit. Barnier est un « vrai « européen et peut être le futur commissaire européen.

Mais voter Macron, ce n'est pas très écolo-compatible ni très à l'écoute des moins favorisés. Il est marqué par son ambivalence, ses hésitations. Pareil dans son attitude vis-à-vis des migrants. Impossible de faire l'impasse sur l'écologie et les Droits de l'homme. En négligeant la dimension du changement climatique, la liste Macron-Loiseau est peu inspirée. Mais surtout en affirmant des valeurs libérales purement économistes, LaREM reste une force qui n'intègre pas la dimension sociale de la politique.

Voter Ecolo (EELV-Jadot) ? Non

L'écologie ? Grand mouvement de gauche, tourné vers le futur, comme le souligne Bernard? Je doute.

De gauche, je ne pense pas que ce soit là son inspiration première. La décroissance n'est pas une idée de gauche. Mais aussi, de quelle histoire et de quelle culture parle l'écologie ? Je ne vois pas. Tout comme Macron, l'écologie n'est ni de gauche, ni de droite. Tournée vers le futur, c'est à voir, avec les forts courants intolérants, végans, religieux, régressifs, voire catastrophistes, qui la traverse et qui atteignent, peu ou prou, EELV.

Bien sûr, au quotidien, l'environnement est une affaire pratique qui implique très fortement la citoyenneté pour toutes les raisons énumérées par Bernard. Très présents au Parlement Européen, les écolos sont des assidus de l'Europe, participant aux commissions et défendant les dossiers, becs et ongles, dans la durée. Leur attachement au projet européen est sans faille. En témoigne le rôle utile et fort en gueule de Cohn-Bendit. Encore faut-il avoir la stature de ce dernier pour prendre de l'autorité. Mais Cohn-Bendit a rejeté les écolos français. Un signe ? La liste Jadot est mal portée par des têtes de liste dont certains sont très peu clairs sur leurs engagements, limite obscurantiste, souvent sectaires. Doctrinaires, jaloux de conserver le flambeau écolo, les Verts français restent des non-politiques cultivant en interne l'esprit de querelle et de division. L'écologie se partage, mais eux, ils ne partagent pas. EELV devrait se dire que l'environnement n'est pas un monopole.

Pas besoin d'EELV, la dimension écologiste se retrouve aussi dans Envie d'Europe, Générations, LaRem, etc.. Alors à quoi bon voter l'écologie « totalisante» de Jadot ou l'écologie demie-portion de Macron/Loiseau si on peut voter l'écologie + ses convictions portée par Glucksmann. D'ailleurs, l'écologie est aussi récupérée dans plusieurs partis à l'extrême gauche ( « l'écologie populaire » de La France Insoumise/l'Europe des gens), mais aussi de droite (« l'écologie positive » de LR). On peut même s'affirmer écolo et voter extrême droite avec « l'écologie enracinée » de Le Pen. Un écologiste, selon sa sensibilité, politique, peut voter pour l'un ou l'autre de ces partis.

Bien sûr, il y a nécessité d'une force commune écologiste large au sein du Parlement européen pour faire accélérer les urgences sur le climat, la biodiversité, les énergies renouvelables. Mais avec seulement quarante députés verts européens, on ne sauve pas la planète ! D'où la nécessité pour les écolo de faire de la politique en liant des partenariats avec les écologistes intégrés dans les autres groupes politiques européens.

Voter Social-démocratie (Envie d'Europe-Glucksmann). Oui

Aux élections européennes, les électeurs se déterminent généralement par un vote sanction du gouvernement, ou par un vote barrage (tout sauf Le Pen, etc.), en fonction de la situation politique nationale, sans se soucier de savoir si leur vote aura un impact au niveau européen. Personnellement j'en ai assez de voter toujours utile, par défaut, et d'invoquer le principe de réalité pour orienter mon vote. Ni barrage, ni sanction, mais conviction, voilà mon option. Le scrutin proportionnel européen de 2019 permet de choisir, les listes réalisant plus de 5% de voix bénéficiant d'un nombre de sièges proportionnel à leur nombre de voix.

La fin de la social-démocratie ? Un grand classique. Je crois au contraire, qu'elle a de l'avenir. Elle reste un moteur historique et le plus équilibré des systèmes, « le moins mauvais » disent les cyniques. Sa nature veut qu'elle a toujours connu des soubresauts mais elle n'a cessé de se renouveler. Aujourd'hui, les Portugais et les Suédois ont un gouvernement social-démocrate. Les socialistes restent incontournables en Wallonie. En Finlande, un social-démocrate, est arrivé en tête des législatives. Les sociaux-démocrates sont donnés favoris aux prochaines élections au Danemark.

Je ne me résoud pas à voir la gauche social-démocrate française être absente au Parlement européen si elle n'obtient pas les 5%. Ce serait la première fois et un peu la honte, pour nous tous qui avons voté presque toujours socialiste. Autant dire un séisme politique ! D'autre part, il ne faut pas craindre les eurosceptiques et autres nationalistes. Ils représentent aujourd'hui 20 % environ des sièges au Parlement européen. Je voterai donc, par conviction, une liste européenne Social-Démocrate (SD).

Je serais évidemment perdant si je me souciais seulement du sentiment national pour la social-démocratie. Il est si faible. Mais en votant sur le plan de la citoyenneté européenne, tout change, si je mise sur la force du groupe social-démocrate (SD), en espérant, par exemple, qu'il profitera de la dynamique socialiste espagnole, portugaise ou belge. Enfin, Envie d'Europe siègeant dans le groupe SD, sera dans un groupe majoritaire. En votant SD, je vote pour le renforcement du sens politique en Europe.

C'est bien la vision politique qui reste la faiblesse de l'UE. Le combat pour l'environnement pourrait être sa force. L'Europe politique et l'environnement sont ainsi les deux enjeux majeurs. Envie d'Europe/Glucksmann s'attache à ce double objectif. Pas les autres. Il n'y a pas de politique chez Macron/Loiseau, mais seulement de l'économie et du numérique. Il n'y a pas de politique chez EELV/Jadot, seulement du sociétal. Enfin, impossible de faire l'impasse sur la gauche.

L'opposition gauche/droite demeure un héritage culturel et une sensibilité liée aux convictions morales et à l'éducation, au choix philosophique, au milieu professionnel ou familial qui ne se traduisent pas toujours sur le plan du vote mais qui demeurent le fond des représentations politiques. Je me rallie à cette idée que la politique est une affaire de confrontation de valeurs gauche/droite. Non pas la gauche des Insoumis (stalinienne), mais la gauche «?humaniste, social-démocrate?». Pas non plus le PC (pas européen) , ni Hamon (hésitant et incertain). A l'échelle européenne, ce n'est évidemment pas le clivage français Macron-Le Pen, ni l'opposition nationalistes-libéraux qui est dominant, c'est bien le clivage majoritaire gauche-droite (SD-PPE).

Ce que j'aime dans la liste Envie d'Europe ?

Plusieurs choses : l'envie de défendre l'idée que la gauche n'est pas morte, preuves à l'appui ; le principe de renouer avec le volontarisme politique européen ; l'accent mis sur la réduction des inégalités et le dialogue social; l'annonce faite de tirer la sociale-démocratie au Parlement européen vers plus d'écologie ; la nécessité de concilier la question écologique et la question sociale ; l'engagement vers une citoyenneté cosmopolitique, à la fois nationale et européenne ; un Erasmus pour tous ; ou encore un impôt européen sur les bénéfices des sociétés. Bref, j'adhère à la « social-écologie » de Envie d'Europe/Glucksmann. En revanche, je rejette la pureté verte, doctrinaire et sectaire de Jadot. Enfin quand Glucksmann se réfère à l'expérience socialiste espagnole, il vise juste. Ses arguments portent contre ceux qui enterrent le socialisme trop vite. Sanchez n'a-t-il pas remobilisé la gauche espagnole et instauré des mesures socialistes avec un certain succès (augmentation du smic de 22%, congé parental égalitaire, constitutionnalisation de l'indexation des retraites) ? En Italie, la remontée du parti démocrate juste derrière les 5 étoiles lui font espérer un bon score aux Européennes. Dernier point : le soutien de Taubira et de Cazeneuve à Envie d'Europe renforce mon choix.

Optimiste par devoir et par nécessité.

En retour, un bon score européen de la gauche socialiste permettrait de reconfigurer le paysage politique français. Difficile d'accepter la fin de la sociale démocratie à la française. On peut espérer, par exemple que Cazeneuve devienne le réceptacle des électeurs du Parti socialiste, qui trouvent Macron trop à droite. Conclusion : derrière Glucksmann, je vote Cazeneuve.

Modifié le 17/05/2019